🚲 Pignon — Café-atelier vélo

Chartrons, Bordeaux · Étude de faisabilité · 30 juin 2026
CONFIDENTIEL

Fiche décision — Pignon

Atelier de réparation de vélos + café de quartier · Quai des Chartrons, Bordeaux · Porteuse : Camille Forestier · Étude de faisabilité au 30 juin 2026
Ce que vous allez lire : en une page, le verdict de l'étude, ses 3 raisons, les 3 conditions sans lesquelles le projet ne doit pas démarrer, les 3 signaux d'arrêt à surveiller, et les chiffres clés.
Pourquoi c'est important : c'est le « 30 secondes pour décider » — tout le reste du tableau de bord détaille et justifie ce qui est résumé ici.
Comment lire : commencez par le verdict, puis les 3 conditions (en vert) — ce sont elles qui font basculer le projet.
🟡 GO SOUS CONDITIONS
Feu vert uniquement si les 3 conditions ci-dessous sont remplies — et en démarrant par l'atelier (café offert, non vendu), le café payant n'étant activé qu'une fois l'atelier rentable et un apprenti en poste.

Pourquoi ce verdict — 3 raisons

  1. Stratégique : le concept est désirable et bien placé (la réparation de vélos croît de +10,5 %/an pendant que la vente de neuf recule), mais la zone est déjà servie sur les trois fronts (ateliers du quai, café-vélo Musette, associatifs) — l'avantage est à construire, il n'existe pas à l'ouverture.
  2. Financière : le modèle est viable à maturité (revenu net ~3 270 €/mois en An 3) mais fragile au démarrage (capital de 45 000 € juste, trésorerie minimale au printemps de l'An 1) — et le prévisionnel transmis comporte des erreurs comptables à corriger avant toute banque.
  3. Personnelle : Camille a un excellent profil technique mais aucune expérience de gestion commerciale, un métier physique (tendinite signalée) sans couverture d'arrêt de travail, et un soutien financier du conjoint encore seulement verbal.
3 CONDITIONS sine qua non — sans elles, le verdict tombe :
  • Assurances souscrites et payées avant l'ouverture : responsabilité civile pro + prévoyance (revenu de remplacement en cas d'arrêt) + multirisque local. Coût ~1,5 à 2,5 k€/an, contre >13 k€ de perte sur un arrêt de 3 mois.
  • Engagement écrit du conjoint sur 18 mois (aujourd'hui verbal) — à signer au plus tard 2 mois avant l'ouverture.
  • Coût des travaux de mise aux normes (ERP) chiffré AVANT de signer le bail + local sur/près du quai des Chartrons + coussin de trésorerie (prêt d'honneur 5 à 15 k€).
3 TRIGGERS D'ARRÊT — si l'un se déclenche, stop ou pivot :
  • 🚨 Trésorerie sous 1 mois de charges (~3 500 €) → gel des investissements, activation du coussin de financement.
  • 🚨 Revenu de Camille sous 1 600 €/mois pendant 8 mois consécutifs → pivot vers l'atelier seul ou retour au salariat.
  • 🚨 Engagement conjoint non signé à 2 mois de l'ouverture → ne pas lancer la formule complète, se replier sur l'atelier seul.

Chiffres clés (scénario réaliste — voir l'onglet Finance ; un facteur de prudence est recommandé sur les volumes)

45 000 €
Investissement initial
20 k€ apport + 25 k€ prêt
160 000 €
CA visé An 3
prudence : 120–140 k€
3 270 €/mois
Revenu net An 3
avant impôt sur le revenu
~M+4
Seuil de rentabilité
CA ~67 k€/an (~225 €/jour)

Trésorerie cumulée fin An 3 (plan de trésorerie fiable) : ~16 620 €. ⚠️ Le bilan transmis affiche 41 000 € — incohérence de 60 % à réconcilier avant toute présentation bancaire.

PROCHAINE REVUE : fin septembre 2026 (T+3 mois) — KPIs à surveiller d'ici là :
  • Expert-comptable engagé + prévisionnel réconcilié (bilan équilibré).
  • Coût ERP obtenu d'un professionnel + local quai identifié.
  • Pré-vente d'au moins 20 abonnements d'entretien (preuve que la clientèle paiera le premium).

⭐ Executive Summary

L'essentiel de l'étude : où en est le projet, ce qu'il peut rapporter, et ce qui peut le faire échouer.
Ce que vous allez lire : une vue d'ensemble du projet en langage courant (la « boussole »), suivie de l'arbitrage final, des indicateurs clés et des scores de solidité.
Pourquoi c'est important : c'est la page que liront en premier un banquier, un partenaire ou un jury — elle doit tenir debout seule.
Comment lire : survolez d'abord la boussole (6 questions), puis les 4 grands chiffres, puis le radar de solidité.

🧭 La boussole du dirigeant — 6 questions, 6 réponses

Tout ce que Camille doit savoir sur son projet, en langage courant, sans jargon.

💰 Combien je vais gagner net par mois ?
~965 €/mois en An 1, ~2 070 €/mois en An 2, ~3 270 €/mois en An 3 (revenu restant après cotisations URSSAF, avant impôt). En An 1, c'est sous votre besoin de 1 600 €/mois : le foyer comble l'écart.
🏦 Combien je dois investir pour démarrer ?
45 000 € : 20 000 € de votre apport + 25 000 € de prêt. Couvre l'aménagement, la machine à café, le stock et la trésorerie de départ. Un coussin (prêt d'honneur 5–15 k€) est vivement conseillé.
⏱️ Quand je rentre dans mes frais ?
Le seuil de rentabilité (~225 €/jour de ventes) est franchi vers le 4ᵉ–5ᵉ mois en scénario réaliste. Mais le point bas de trésorerie (printemps An 1, ~3–5 k€) est le vrai moment de tension.
⚠️ C'est quoi mon plus gros risque ?
Vous seule tenez l'atelier ET le café. Si votre poignet lâche (tendinite signalée), l'atelier s'arrête et la trésorerie devient négative vers le 6ᵉ mois. D'où l'assurance prévoyance obligatoire avant d'ouvrir.
💪 C'est quoi ma plus grosse force ?
Votre double compétence (mécanicienne diplômée + barista) et votre réseau de 80 contacts + 120 adhérents d'association : un socle de premiers clients que très peu de créateurs possèdent.
🎯 Quelle est ma prochaine décision à prendre ?
Avant de signer le bail : faire chiffrer les travaux de mise aux normes (ERP) et choisir un local sur/près du quai des Chartrons. Sans ce chiffre, le budget de 45 k€ peut se révéler insuffisant.

L'arbitrage final

L'analyse stratégique recommandait l'Option B (formule hybride complète : atelier + café vendu + abonnement dès le premier jour). L'analyse adversariale (Red Team) a produit 6 objections critiques — au-delà du seuil qui interdit de retenir telle quelle la recommandation initiale. L'arbitrage final conditionne et séquence donc le projet :

Décision : 🟡 GO SOUS CONDITIONS, avec pivot de séquençage. Garder la formule hybride comme cap (c'est elle qui crée la valeur durable), mais démarrer en atelier premium « clé-en-main » avec un café offert (non vendu) — ce qui supprime le permis de débit de boissons et allège la réglementation — puis n'activer le café payant qu'après que l'atelier ait prouvé sa rentabilité et qu'un apprenti soit en poste. Les 3 conditions sine qua non (assurances, engagement conjoint écrit, ERP chiffré) restent bloquantes.

Indicateurs clés

128 M€
Marché réparation France
+10,5 %/an en 2025
160 000 €
CA visé An 3
scénario réaliste
3 270 €/mois
Revenu net An 3
> salaire alternatif (~2 000 €)
45 000 €
Investissement
capital jugé juste

Radar de solidité stratégique (note /10)

Plus la surface est large, plus le projet est solide sur cet axe. Les creux (solidité financière, exécution, croissance) montrent où concentrer l'effort.

Scores détaillés

Attractivité du marché
6/10
Position concurrentielle
4/10
Maturité du concept
7/10
Solidité financière
3/10
Capacité d'exécution
4/10
Potentiel de croissance
4/10

✅ 3 forces

  • Double compétence café + mécanique réunie en une personne.
  • Réseau d'amorçage : 80 contacts + 120 adhérents (> cible de 60 pré-inscrits).
  • Positionnement côté réparation (en croissance), pas côté vente de neuf (en recul).

⚠️ 3 faiblesses

  • Aucune expérience de gestion commerciale (1ʳᵉ entreprise).
  • Dépendance totale à la dirigeante + arrêt de travail non couvert.
  • Capital faible + prévisionnel financier à réconcilier.

🚀 3 actions immédiates

  • Souscrire prévoyance + RC pro avant l'ouverture.
  • Faire chiffrer l'ERP avant de signer le bail.
  • Formaliser par écrit l'engagement du conjoint.

Feuille de route

T3 2026
Préparation
Expert-comptable engagé ; formations permis d'exploitation + hygiène (HACCP) ; demande d'aides (ACRE/ARCE) ; instruction prêt d'honneur.
T4 2026 (M-2)
Jalon Go / No-Go
Bail signé (ERP chiffré) ; assurances souscrites ; 60 pré-inscrits + 20 abonnements pré-vendus ; engagement conjoint écrit.
T1 2027
Ouverture (27/01)
Atelier premium + café offert ; lancement de l'abonnement entretien ; collecte d'avis Google ; activation du réseau.
An 2 (2028)
Croissance
Apprenti opérationnel ; bascule possible vers café vendu ; offre B2B flotte (forfait mobilités durables) ; objectif CA ~130 k€.
An 3 (2029)
Maturité
Relais B2B (~16 k€) ; part de revenu récurrent ~25–30 % ; retour sur investissement atteint.
Ce qu'il faut retenir :
  • Le concept est désirable et bien placé sur la tendance de fond (la réparation, pas la vente de neuf).
  • L'action la plus actionnable : sécuriser les 3 conditions (assurances, engagement écrit, ERP chiffré) avant tout engagement irréversible.
  • Vigilance unique : le démarrage en basse saison (janvier) avec un capital juste — la trésorerie du premier hiver est le point de rupture.

📊 Données de marché

La taille du marché, de la France entière jusqu'à ce que Pignon peut réellement capter dans son quartier.
Ce que vous allez lire : les grands chiffres du marché du vélo et de la réparation, puis l'entonnoir TAM / SAM / SOM appliqué à la zone des Chartrons.
Pourquoi c'est important : ce projet n'est pas « scalable » — sa réussite dépend d'une zone limitée. Comprendre le plafond de cette zone évite les rêves de croissance.
Comment lire : regardez l'écart entre le marché national (énorme) et ce que Pignon peut capter (modeste) — c'est tout l'enjeu.

Le grand découplage : le neuf recule, la réparation explose

−6 %
Vente vélos neufs 2025
3,11 Md€ (−4,8 %)
+119 %
Réparation depuis 2019
×2,5 vs 2019
128 M€
Marché réparation 2025
6,3 M d'interventions
×3
Plus de vélos réparés
que vendus neufs

Le marché du cycle neuf décline (−12 % en volume 2024, −6 % en 2025), mais la réparation entretien connaît une dynamique inverse : 128 M€ en 2025, en hausse de +10,5 %/an, avec 6,3 millions d'interventions. Pignon se positionne du bon côté de cette tendance lourde, renforcée par la loi anti-gaspillage (bonus réparation) et la politique cyclable de Bordeaux (objectif 18 % de part modale vélo en 2030). Sources : Union Sport & Cycle, Observatoire du Cycle 2024/2025 ; Bordeaux Métropole, 3ᵉ Plan Vélo.

Le marché, du plus large au plus réaliste (TAM / SAM / SOM)

Imaginez trois cercles concentriques. Le TAM (le gâteau entier) est le marché français de la réparation : 128 M€. Le SAM (la part qu'on peut techniquement servir) se réduit à la zone des Chartrons et alentours — environ 6 000 cyclistes actifs dépensant ~35 €/an chacun en atelier, soit ~210 000 €/an, mais partagé avec les ateliers du quai, les associatifs et les informels. Le SOM (ce que Pignon peut réellement obtenir) est estimé à ~160 000 € de chiffre d'affaires total à 3 ans (atelier + café + B2B).

TAM / SAM / SOM (échelle logarithmique, en €)

L'échelle est logarithmique : chaque graduation est ×10. Sans cela, le SOM serait invisible à côté du TAM — ce qui dit déjà l'essentiel : Pignon est un commerce de niche locale.

Point de vigilance (signalé par l'analyse adversariale) : capter 160 k€ à An 3 reviendrait à prendre ~39 % d'un marché de zone déjà partagé, pour un nouvel entrant sans réputation. Un plafond plus prudent de 120–140 k€ est recommandé comme scénario central.

Les 4 segments de clientèle

SegmentTaille (zone)Revenu/client/anDynamiquePriorité
Vélotafeurs (cœur de cible)~2 500–3 000~80 €+ report modal, forfait mobilitésP1
Familles (vélo enfant, cargo, électrique)~1 200–1 800~110 € (le + élevé)+ électrique, cargoP1
Étudiants / jeunes urbains~1 000–1 500~35 €stable, sensible au prixP2
B2B flottes locales~10–20 PME~1 800 €fort potentiel, lentP3 (An 2+)
Implication pour le projet : la zone a un plafond bas — la croissance ne viendra pas du volume de visiteurs (limité par 6 000 cyclistes) mais d'un revenu élevé par client fidélisé (familles + vélotafeurs, abonnements d'entretien), complété par le B2B comme relais au-delà du plafond B2C.
Ce qu'il faut retenir :
  • Le projet surfe sur la bonne vague : la réparation croît de +10,5 %/an quand le neuf recule.
  • Action : viser le revenu par client (fidélisation, abonnement) plutôt que le volume — la zone ne permet pas de l'étirer indéfiniment.
  • Vigilance : le plafond de zone (~210 k€ partagé) impose de retenir 120–140 k€ comme objectif central prudent, pas 160 k€.

🎯 Recommandation

La décision finale, les options en présence, et le traitement des objections de l'analyse adversariale.
Ce que vous allez lire : l'arbitrage final argumenté, la comparaison des 4 options de lancement, et les conditions de viabilité qui répondent aux objections critiques.
Pourquoi c'est important : c'est le cœur de la décision — pas seulement « est-ce un bon concept ? » (oui) mais « par quelle porte entrer pour survivre au premier hiver ? ».
Comment lire : lisez d'abord la décision encadrée, puis le graphique des options, puis les conditions de viabilité.
🟡 GO SOUS CONDITIONS — Option D au lancement, cap Option B
Démarrer en atelier premium + café offert, basculer vers le café vendu une fois l'atelier rentable et l'apprenti en poste.

Justification de l'arbitrage

L'analyse stratégique recommandait l'Option B (hybride complet immédiat) ; l'analyse adversariale a démontré que cette option, telle qu'écrite, est paradoxalement la plus risquée des trois en première année : elle empile sur une primo-entrepreneuse seule deux régimes réglementaires (débit de boissons + hygiène + ERP), deux métiers à servir en même temps dans des horaires fixes, un café structurellement peu margé (2,5–5 % de marge nette), le tout sous plafond de 50 h/semaine et en basse saison de lancement.

La règle d'arbitrage est claire : avec 6 objections critiques (au-delà du seuil de 5), la recommandation initiale ne peut être reprise telle quelle — il faut conditionner ou pivoter. L'arbitrage retenu fait les deux : il conserve la formule hybride comme cap stratégique (c'est elle qui crée l'espace blanc et la valeur durable), mais inverse la séquence proposée par l'analyse. Plutôt que tout lancer simultanément, on démarre par l'atelier (le socle de marge, ~100 % sur la main-d'œuvre) avec un café offert pendant l'attente — ce qui préserve 100 % du bénéfice « antitracas » (le vrai différenciateur) tout en supprimant le permis d'exploitation, la licence de débit de boissons et une partie de la charge réglementaire. Le café payant n'est activé qu'une fois deux preuves obtenues : l'atelier est rentable, et un apprenti est en poste pour absorber le double flux.

Cet arbitrage respecte toutes les contraintes non négociables de la porteuse (pas de franchise, torréfaction locale, fermé le dimanche, max 50 h/semaine, pas de vente de vélos neufs), réduit le régime réglementaire, et inverse la réversibilité en faveur de Camille : on peut toujours ajouter le café vendu plus tard ; on ne peut pas facilement retirer un investissement café qui ne paie pas son loyer.

Les 4 options de lancement

Score pondéré des options (/5)

Les options A et B sont à égalité dans l'analyse (3,75) mais pour des raisons opposées : A gagne sur la trésorerie, B sur la valeur durable. L'Option D (séquencée) capte le meilleur des deux ; C est dominée.

OptionDescriptionAvantage cléRisque clé
A — ConservateurAtelier-centré, café minimalisteCash rapide, capital minimalRenonce au différenciant communautaire
B — Équilibré (reco analyse)Hybride complet dès J0Occupe l'espace blanc, valeur durableDispersion, déficit An 1, double régime
C — AgressifHybride + B2B + événementiel dès An 1Vise le plafond haut viteTrésorerie sous 0 ; ⛔ dépasse 50 h/sem
D — Séquencé RETENUEAtelier premium + café offert, puis café venduSupprime le débit de boissons au départ ; réversibleCafé non monétisé au départ (mais il l'était à peine)

Cap stratégique : l'océan bleu local

Pignon sort de la concurrence frontale (« atelier moins cher » et « café de plus ») pour créer un positionnement neuf : le partenaire d'entretien récurrent du cycliste de quartier, dans un lieu de vie communautaire. Personne sur la zone ne combine récurrence (abonnement entretien) + expérience (café/lieu) + proximité Chartrons. La séquence d'expansion suit la matrice Ansoff : pénétration (An 1, capter les cyclistes des Chartrons) → développement produit (abonnement, ateliers d'auto-réparation payants) → développement de marché (B2B flotte, An 2-3). Pas de diversification — trop risqué pour un capital limité.

Conditions de viabilité — réponse aux objections critiques

L'analyse adversariale a soulevé 25 objections, dont 6 critiques. Aucune n'est ignorée : chacune est soit levée, soit mitigée, soit acceptée comme risque résiduel.

① Couvrir le point unique de défaillance
Camille seule tient l'atelier ; sa tendinite est un risque réel et son arrêt de travail n'est pas couvert.
→ Prévoyance + RC pro + multirisque souscrites avant ouverture (~1,5–2,5 k€/an).
② Sécuriser le soutien du foyer
Tout le pari repose sur un soutien du conjoint encore verbal et conditionnel.
→ Engagement écrit sur 18 mois, signé au plus tard à M-2.
③ Boucler le financement réel
Le coût des travaux ERP n'est pas chiffré ; un dépassement créerait un trou de ~10 k€ sur un budget bouclé à zéro.
→ ERP chiffré avant le bail + coussin prêt d'honneur 5–15 k€.
ThèmeObjection critiqueRéponse de l'arbitrageStatut
ComptabilitéBilan déséquilibré + trésorerie incohérente (jusqu'à 60 % d'écart)Réconciliation par l'expert-comptable exigée avant toute présentation bancaire ; le plan de trésorerie (16,6 k€) prime sur le bilan (41 k€).Mitigée
OrganisationHybride solo infaisable sous 50 h en An 1Pivot Option D : café offert (pas de service payant à gérer) au départ ; apprenti avant la bascule café vendu.Levée
VolumesVolumes An 1 surestimés (−30 % = perte)Facteur de prudence appliqué ; scénario central ramené à 120–140 k€ ; suivi mensuel via signaux d'alerte.Mitigée
AssurancePoint unique de défaillance non couvert (arrêt 3 mois)Condition sine qua non ① : prévoyance obligatoire avant ouverture.Levée
FoyerSoutien conjoint verbal/conditionnelCondition sine qua non ② : engagement écrit à M-2, sinon repli sur atelier seul.Levée
CaféCafé = centre de coût déguisé en différenciateurRésolu par l'Option D : le café offert garde le bénéfice « antitracas » sans en faire un centre de coût réglementé.Levée

Objections résiduelles acceptées comme risques surveillés : fin du bonus réparation en 2028, arrivée d'un concurrent aux Chartrons, chantier de voirie, rupture du foyer — chacune dotée d'un trigger d'arrêt chiffré.

Ce qu'il faut retenir :
  • Le verdict n'est pas « non », c'est « oui, mais dans cet ordre » : l'atelier d'abord, le café vendu ensuite.
  • Action : faire des 3 conditions (assurances, écrit conjoint, ERP chiffré) un jalon bloquant à 2 mois de l'ouverture.
  • Vigilance : le vrai moat (communauté + abonnements récurrents) se construit en 12–24 mois — c'est là qu'il faut mettre l'énergie, pas dans une guerre de prix.

💶 Finance

Combien Camille gagne, quand elle rentre dans ses frais, et où passe chaque euro encaissé.
Ce que vous allez lire : le voyage de l'euro, le compte de résultat sur 3 ans, les 3 scénarios, le seuil de rentabilité et la trésorerie.
Pourquoi c'est important : la trésorerie est la cause n°1 d'échec des commerces. Cet onglet montre où et quand le projet est le plus fragile.
Comment lire : commencez par « le voyage de l'euro » (en mots) avant de regarder les tableaux — les chiffres confirment le récit, ils ne le remplacent pas.

Le voyage de l'euro

Imaginez 100 € qui entrent dans la caisse de Pignon (scénario réaliste An 1). Voici où ils vont :

  • 💶 100 € encaissés (atelier + café + bonus réparation)
  • 30 € repartent en achats (pièces détachées + matière café) — il reste 70 € de marge brute.
  • 23 € en loyer (un poste lourd : ~21 600 €/an).
  • 22 € en charges fixes diverses (électricité, assurances, comptable, communication, logiciels).
  • 7 € en cotisations sociales URSSAF/TNS et intérêts du prêt.
  • ~12 € restent à Camille comme revenu disponible (avant impôt sur le revenu).

À l'échelle de l'An 1 (~92 000 € de CA), cela donne ~10 650 €/an de « reste au porteur », soit ~965 €/mois — sous le besoin de 1 600 €/mois, d'où l'importance du second revenu du foyer la première année. Le ratio s'améliore fortement avec le volume : ~3 270 €/mois en An 3.

21 700 €
EBITDA An 1
avant rémunération dirigeante
67 000 €
CA seuil de rentabilité
~225 €/jour
~3–5 k€
Plancher trésorerie
printemps An 1 (T2)
~2,5–3 ans
Retour sur invest.
cohérent attente porteuse

EBITDA = bénéfice avant intérêts, impôts, amortissements — en clair, ce que l'activité dégage avant de payer la dirigeante, les amortissements et les frais financiers.

Compte de résultat sur 3 ans (scénario réaliste, en €)

Le chiffre d'affaires monte ; l'EBITDA et le revenu net de Camille suivent — mais seulement à partir de l'An 2. L'An 1 est l'année de rodage à financer.

Compte de résultat détaillé — scénario réaliste

Poste (€)An 1 (~11 mois)An 2An 3
CA total92 000130 000160 000
— dont atelier52 00070 00082 000
— dont café38 00052 00062 000
— dont B2B / bonus2 0008 00016 000
Coût des ventes (pièces + café)−28 000−39 000−47 000
Marge brute (~70 %)64 00091 000113 000
Loyer−21 600−21 600−21 600
Charges externes−20 700−20 500−21 200
Apprenti (net d'aides)0−9 000−10 000
EBITDA21 70039 90060 200
Amortissements + intérêts−4 550−4 380−4 200
Cotisations sociales TNS−6 500−10 700−16 800
Reste au porteur (avant IR)10 65024 82039 200
Soit par mois~965 €~2 070 €~3 270 €

Les 3 scénarios

ScénarioCA An 1EBITDA An 1Revenu/mois An 1Lecture
Pessimiste (−30 %)64 0001 900~−250 € (déficit)An 1 en perte ; seuil de douleur atteint → pivot
Réaliste92 00021 700~965 €Seuil de rentabilité franchi ; déficit personnel comblé par le foyer
Optimiste (+25 %)115 00039 350~2 300 €Dépasse déjà le besoin foyer dès l'An 1

Trésorerie : le vrai point de tension

La trésorerie de fin d'An 1 paraît confortable (~22 k€) grâce à l'injection du prêt et de l'apport, pas grâce à l'exploitation. Le danger est intra-annuel : avec 24 k€ d'investissement décaissé au lancement et un démarrage en basse saison (janvier), le creux de trésorerie se situe au printemps de l'An 1 (~3 à 5 k€), avant le premier pic de saison. C'est le moment de fragilité maximale — un seul aléa (ERP plus cher, arrêt maladie, ventes −20 %) le fait passer sous zéro.

Trésorerie de fin (€)An 1An 2An 3
Plan de trésorerie (fiable)~22 780~22 390~16 620
Plancher intra-annuel~3–5 k€ (T2)
⚠️ Prévisionnel à corriger avant toute banque : le bilan transmis n'est pas équilibré (actif < passif de 5 à 6,5 k€ chaque année) et sa trésorerie (41 k€ en An 3) contredit le plan de trésorerie (16,6 k€) — un écart de 60 %. Tant que ces états ne sont pas réconciliés par l'expert-comptable, aucun indicateur dérivé (retour sur investissement, runway) n'est fiable. À traiter en priorité.

Plan de financement

Besoins (~45 000 €)

  • Investissement (machine café + aménagement/ERP) : 24 000 €
  • Stock initial pièces : 6 000 €
  • Fonds de roulement de démarrage : 8 000 €
  • Trésorerie de sécurité : 7 000 €

Sources

  • Apport personnel : 20 000 €
  • Prêt bancaire : 25 000 €
  • À mobiliser en coussin : prêt d'honneur 5–15 k€, ACRE/ARCE, subventions création
Ce qu'il faut retenir :
  • Sur 100 € encaissés, ~12 € reviennent à Camille en An 1 — confortable une fois le volume installé (~3 270 €/mois en An 3).
  • Action : sécuriser un coussin de trésorerie (prêt d'honneur) avant l'ouverture pour passer le creux du printemps An 1.
  • Vigilance : faire réconcilier le bilan et le plan de trésorerie par l'expert-comptable avant tout dossier bancaire.

📖 Lexique

Tous les termes techniques de ce tableau de bord, expliqués en français courant.
Ce que vous allez lire : la définition de chaque sigle et concept employé, par ordre alphabétique.
Pourquoi c'est important : aucun terme ne doit rester obscur — vous devez pouvoir lire ce tableau de bord d'un trait.
Comment lire : revenez-y dès qu'un mot vous arrête ; chaque onglet rappelle aussi les sigles à leur première apparition.
A
ACRE / ARCE — Aides à la création/reprise d'entreprise : l'ACRE exonère une partie des cotisations sociales la première année ; l'ARCE permet de toucher une partie de ses allocations chômage en capital pour financer le projet.
Amortissement — Étalement comptable du coût d'un équipement sur sa durée d'usage (ex. : 24 k€ de matériel / 7 ans = ~3 500 €/an).
Antitracas — Élément de valeur qui supprime une corvée pour le client : ici, déposer son vélo, prendre un café, repartir réparé sans perdre de temps.
Ansoff (matrice) — Outil qui classe la croissance en 4 voies : pénétration, développement de produit, développement de marché, diversification.
ARPU — Revenu moyen par client (Average Revenue Per User) : ce que rapporte un client sur une année.
B
B2B / B2C — B2B = vente à des entreprises (ici, l'entretien de flottes de vélos) ; B2C = vente aux particuliers.
Bilan — Photographie du patrimoine de l'entreprise à un instant T : ce qu'elle possède (actif) face à ce qu'elle doit (passif). Les deux colonnes doivent s'équilibrer.
Blue Ocean (océan bleu) — Stratégie consistant à créer un espace de marché nouveau plutôt que de se battre dans un marché saturé (« océan rouge »).
Bonus Répar Cycle — Aide publique de 15 à 30 € par réparation, versée aux réparateurs labellisés (loi anti-gaspillage). Enveloppe ouverte jusqu'à fin 2027.
Break-even (seuil de rentabilité) — Niveau de chiffre d'affaires à partir duquel l'activité couvre toutes ses charges. Ici ~67 000 €/an, soit ~225 €/jour.
C
CA (chiffre d'affaires) — Total des ventes encaissées sur une période.
CAC (coût d'acquisition client) — Ce qu'il faut dépenser pour gagner un nouveau client. Ici faible (~10–20 €) si l'acquisition reste organique (bouche-à-oreille).
CHR — Cafés, Hôtels, Restaurants : le secteur réglementé de la restauration, à forte mortalité (44 % de fermetures à 5 ans).
Cotisations TNS — Charges sociales du Travailleur Non Salarié (le chef d'entreprise individuelle), ici ~30 % du résultat.
E
EBITDA — Bénéfice avant intérêts, impôts, amortissements : ce que l'activité dégage avant de rémunérer la dirigeante et de payer les frais financiers.
ERP — Établissement Recevant du Public : règles d'accessibilité et de sécurité incendie obligatoires, dont le coût de mise aux normes doit être chiffré avant le bail.
ERRC — Outil de l'océan bleu : Éliminer / Réduire / Renforcer / Créer, pour repenser sa courbe de valeur.
F
FMD (Forfait Mobilités Durables) — Dispositif permettant à un employeur de financer la mobilité vélo de ses salariés (600 à 900 €/an), levier de l'offre B2B.
H
HACCP — Méthode d'hygiène alimentaire obligatoire dès qu'on sert de la nourriture ; nécessite une formation.
L
Licence III — Autorisation de servir des boissons fermentées (bière, vin, cidre) ; gratuite sous quota communal. Supprimée par le démarrage en café offert (Option D).
LTV (valeur vie client) — Total qu'un client rapporte sur toute la durée de la relation. Ici ~265 € (vélotafeur) à ~360 € (famille).
Levier opérationnel — Sensibilité du résultat aux variations de ventes quand les charges fixes sont lourdes : une baisse de volume efface vite le bénéfice.
M
Marge brute — Ce qui reste du chiffre d'affaires après avoir payé les marchandises vendues (ici ~70 %).
Moat (barrière de protection) — Avantage durable qui protège l'entreprise de la concurrence. Ici à construire : la communauté et la récurrence.
P
Part modale — Pourcentage des déplacements effectués à vélo (objectif Bordeaux : 18 % en 2030).
Payback (retour sur investissement) — Temps nécessaire pour récupérer la mise de départ. Ici ~2,5–3 ans.
Pre-mortem — Exercice consistant à imaginer que le projet a échoué, pour identifier à l'avance les causes possibles.
Prévoyance — Assurance qui verse un revenu de remplacement en cas d'arrêt de travail. Indispensable ici (tendinite, arrêt non couvert).
R
RC pro — Responsabilité Civile professionnelle : assurance couvrant les dommages causés aux tiers dans le cadre de l'activité.
Reste au porteur — Ce qui revient réellement à Camille après toutes les charges et cotisations (avant impôt sur le revenu).
Récurrence — Part du chiffre d'affaires assurée par des clients qui reviennent (abonnements, contrats) ; stabilise face à la saisonnalité.
Runway — Nombre de mois pendant lesquels la trésorerie disponible permet de tenir sans rentrée d'argent.
S
TAM / SAM / SOM — Trois cercles de marché : TAM = marché total (128 M€ France) ; SAM = part techniquement accessible (~210 k€ zone Chartrons) ; SOM = part réellement captable (~160 k€ à An 3).
SWOT — Tableau des Forces / Faiblesses (internes) et Opportunités / Menaces (externes).
T
Trigger d'arrêt — Signal chiffré et daté qui, s'il se déclenche, impose un pivot ou un arrêt (ex. : trésorerie sous 3 500 €).
TVA (seuil de franchise) — En dessous d'un certain chiffre d'affaires, on ne facture pas la TVA ; au-dessus, on y est assujetti. Pignon franchit ce seuil dès l'An 1.
Ce qu'il faut retenir :
  • Trois sigles reviennent partout : EBITDA (ce que dégage l'activité), reste au porteur (ce que touche Camille), break-even (le seuil de rentabilité).
  • Deux assurances sont citées comme vitales : la prévoyance (arrêt de travail) et la RC pro.
  • Le mot clé de la stratégie est « récurrence » — c'est le levier qui transforme un commerce fragile en commerce viable.

📚 Bibliographie

Bibliographie volontairement masquée dans cette démonstration.
Cet exemple montre la structure et la profondeur d'une étude Fizable, mais pas le détail des sources.
Dans l'étude que vous recevez, cet onglet affiche la bibliographie complète : chaque chiffre du tableau de bord est relié à sa source (organismes publics, études de marché, données financières officielles, ouvrages de référence en stratégie), les hypothèses de travail étant clairement distinguées des faits vérifiés.